La France a fait le choix de suspendre le service national mais n'a pas voulu priver ses jeunes de connaissances sur les principes et les réalités de la défense de la France, des Français et des valeurs de la République. Le parcours de la citoyenneté, qui a remplacé l'appel sous les drapeaux, comprend le recensement de tous les jeunes de 16 ans, l'enseignement de la défense (à l'école, au collège et au lycée) et la journée défense et citoyenneté (JDC). Ce blog est consacré à l'enseignement de la défense au Lycée Uruguay-France, à l'histoire militaire de la région d'Avon et de Fontainebleau, au devoir de mémoire, aux relations entre les armées et la nation, et aux métiers proposés par les acteurs de la sécurité et de la défense.

17 avril 2010

Les cadets de la République

Les cadets de la République, option police nationale, sont formés en alternance en école de police et dans un lycée professionnel.
En école de police les cadets reçoivent une formation professionnelle destinée à exercer les missions d'adjoint de sécurité.
Au lycée professionnel ils suivent un enseignement général : français, histoire-géographie, mathématiques, anglais, informatique.
Les cadets de la République accomplissent des stages pratiques dans un commissariat de police.


Cette formation permet à des jeunes, quel que soit leur niveau scolaire, d'être préparés au concours spécifique de gardien de la paix sans condition de diplôme.
Les cadets de la République vont ainsi acquérir une première expérience professionnelle dans les métiers de la sécurité tout en bénéficiant d'une allocation d'études.

Les dossiers sont à renvoyer dûment complétés avant le 7 mai 2010.

Pour obtenir un dossier et pour tous renseignements complémentaires :
Direction Départementale de la Sécurité Publique de Seine-et-Marne
Centre départemental des Stages et de la Formation
Recrutement Cadets de la République
51 rue du Général de Gaulle
77 000 Melun
tél.: 01 60 56 68 88



Commentaire du professeur relais défense:

Cette formation est parfaitement adaptée aux jeunes de 18 à 26 ans qui ne possèdent pas les diplômes requis pour passer les concours de recrutement de la police nationale. Soit parce qu'ils sont titulaires d'un CAP ou d'un BEP, soit parce qu'ils ont quitté le système scolaire sans obtenir de diplôme.

A nos élèves qui désirent entrer dans la police nationale nous conseillons de poursuivre leur scolarité jusqu'au baccalauréat et même au delà s'ils souhaitent devenir gardien de la paix, officier ou commissaire de police.

29 mars 2010

Le plan Vigipirate

Tous ceux qui sont passés devant l'école de gendarmerie rue de la Charité à Avon ont pu remarquer le panneau ci-dessous vissé sur le portail.

Vigipirate est un plan destiné à prévenir les menaces qui pèsent sur le territoire français et sur les Français de l’étranger. Le plan a été conçu en 1978 mais ne concernait à l’époque que les risques d’attentats liés à des groupes politiques extrémistes ou autonomistes souvent français. Le plan Vigipirate comporte des mesures de vigilance ("Vigi"), de prévention et de protection.
Les dispositions du plan Vigipirate ont été actualisées en novembre 2006. Ces nouvelles dispositions tirent les conséquences de l’évolution des attaques terroristes dans le monde, en particulier celles du 11 septembre 2001 à New York et Washington, celles du 11 mars 2004 à Madrid et celles du 7 juillet 2005 à Londres.

Le plan Vigipirate est découpé en quatre niveaux d'alerte croissants : jaune, orange, rouge et écarlate. A chacun de ces niveaux, le Premier ministre, déclenche une série de mesures pour atteindre un objectif déterminé.

Niveau jaune : accentuer la vigilance, face à des risques réels mais encore imprécis, par des mesures locales avec le minimum de perturbations dans l’activité normale, et se mettre en état de passer aux postures des niveaux orange et rouge dans un délai de quelques jours.

Niveau orange : prévenir le risque d’une action terroriste considérée comme plausible, fût-ce au prix de contraintes et de perturbations modérées dans l’activité normale, et se mettre en état de passer aux postures des niveaux rouge et écarlate dans un délai rapide, selon la nature des moyens.

Niveau rouge : prendre les mesures nécessaires pour prévenir le risque avéré d’un ou de plusieurs attentats graves, comprenant certaines mesures de protection des institutions, et mettre en place les moyens de secours et de riposte appropriés, en acceptant les contraintes imposées à l’activité sociale et économique.

Niveau écarlate : prévenir le risque d’attentats majeurs, simultanés ou non, pouvant utiliser des modes opératoires différents et provoquer des effets dévastateurs, et mettre en place les moyens de secours et de riposte appropriés ; des mesures particulièrement contraignantes peuvent être mises en œuvre.

L’évaluation de la menace est renouvelée régulièrement, selon l’évolution de la situation nationale et internationale.

C’est le Premier ministre, qui déclenche le plan Vigipirate et détermine le niveau d’alerte applicable sur le territoire. Les mesures de vigilance, de prévention et de protection sont ensuite déclenchées et mises en œuvre par les différentes autorités : services de l’Etat, collectivités locales, SNCF, RATP, aéroports...


Un "marsouin" de l'infanterie de marine devant la Tour Eiffel en février 2007


Le plan Vigipirate constitue un pivot autour duquel les plans d’intervention et de secours spécifiques comme Biotox (contre une menace biologique), Piratox (en cas d’intoxication chimique massive), Piratome (concernant les risques radioactifs), Piratair-Intrusair (risques de détournement aérien), Pirate-mer (contre le terrorisme ayant pour cible des navires) et Piranet (risques liés au cyberterrorisme) pourront être mis en place si besoin est.

Le plan prévoit également la diffusion d’une culture de défense et de sécurité. Il repose en effet sur un principe de responsabilité partagée de la sécurité : chacun doit prendre en compte les risques, du simple citoyen aux services chargés d’intervenir contre le terrorisme. La vigilance doit être entretenue et les équipes de sécurité sont formées et entraînées.


http://www.seine-et-marne.pref.gouv.fr/sections/defense_et_protectio/vigipirate

23 février 2010

Le 46e régiment d'infanterie à Fontainebleau

Le 46ème régiment d'infanterie est en garnison à Fontainebleau de 1886 à 1939.

Le 46ème régiment d’infanterie est un des plus vieux régiments de l’armée française puisqu’il a été créé en 1644, sous le nom de Mazarin-Français rebaptisé très peu de temps après régiment de Castelnau. Comme toutes les unités de l’armée française, le régiment change de nom au fil des événements qui jalonnent l’histoire militaire. Il devient ainsi régiment d'Hocquincourt en 1651 puis régiment de Bretagne en 1658.

En 1790, l’Assemblée législative qui réorganise complètement l’armée française préfère attribuer des numéros aux régiments dont la dénomination fleure trop l’Ancien régime; c'est pourquoi en 1791 Bretagne-Infanterie devient le 46ème régiment d’infanterie. En 1793, le gouvernement de la jeune république décide d’abolir le terme même de régiment afin de mieux réussir l’amalgame entre les soldats des anciens régiments royaux – les blancs – et les volontaires nationaux venus défendre la patrie en danger – les bleus. Des soldats du 23ème régiment d’infanterie et des volontaires nationaux du département de l’Isère sont ainsi « amalgamés » pour créer la 46ème demi-brigade de bataille – surnommée « la Terrible »– en 1794. Lors du « second amalgame » de 1796 pas moins de huit bataillons, aux effectifs très réduits en raison des pertes considérables lors des campagnes qui ont permis de sauver la République, sont nécessaires pour créer la nouvelle 46ème demi-brigade d’infanterie de ligne.

En 1803 Napoléon Bonaparte, alors Premier consul, rétablit l’ancienne appellation ; la 46ème demi-brigade est rebaptisée 46ème régiment d’infanterie de ligne. Le régiment participe à toutes les campagnes de l’Empire, il est à Austerlitz, à Iéna, à Eylau, à Essling, à Wagram, à Moscou, à Leipzig, à Montereau et à Waterloo.

En 1815 les régiments de l’armée française sont dissous. Louis XVIII et les armées européennes coalisées craignent les anciens soldats de l’Empereur et veulent détruire les traditions et la gloire acquises lors des 23 années de guerre ininterrompues. En 1816 est créée la 35ème légion d’Indre-et-Loire qui est renommée en 1820 46ème régiment d’infanterie de ligne. Le régiment participe en 1828 et 1829 à la guerre d’indépendance de la Grèce en combattant les Ottomans en « Morée ». En garnison à Strasbourg en 1836, il fait échouer la tentative de coup d’Etat du jeune Louis-Napoléon Bonaparte.

Sous le second Empire, en 1854, il prend son nom définitif : 46ème régiment d’infanterie. Le régiment participe à la campagne de Crimée (1854-1855), à la campagne d’Italie en 1859 et à la désastreuse guerre franco-prussienne de 1870-1871. Reformé après la défaite, un des bataillons du 46ème régiment d’infanterie participe à la conquête de la Tunisie entre 1881 et 1883 et un détachement à l’expédition de Madagascar.


A partir de 1886 le 46ème régiment d’infanterie est partagé entre Paris et Fontainebleau. Deux bataillons du régiment sont à Paris, caserne Reuilly, où ils assurent – avec 35 autres bataillons – un service lié aux particularités de la capitale : gardes, escortes, service d’honneur, et parfois maintien de l’ordre. Deux grandes cérémonies marquent l’année, la revue du 14 juillet à Longchamps, et en avril la revue de Vincennes. La revue de Longchamps était un grand évènement parisien, un ballet militaire grandiose, organisé par le gouverneur militaire de Paris. Trois divisions d’infanterie y représentaient l’arme, bataillons carrés, douze mille pantalons rouges, une forêt de baïonnettes surmontée des drapeaux et précédée des musiques.


Une fois par an les bataillons parisiens retrouvent leurs camarades à Fontainebleau pour les manœuvres.

Un bataillon est logé dans la caserne Damesme, rue Saint-Merry où se trouve aussi le dépôt du régiment. C’est à Fontainebleau que les soldats affectés au 46ème suivent les longues semaines d’instruction enchaînant les écoles du peloton et de tir, les longues marches et les nuits sous la tente. Régulièrement les réservistes viennent y effectuer des « périodes ». Ces hommes ont terminé depuis plusieurs années leur service militaire actif mais sont tenus de s’instruire afin de tenir leur rang dans le 246ème régiment d’infanterie qui est le régiment de réserve du 46ème.

La salle d'honneur du 46ème RI dans la caserne Damesme.
Sous le portrait du président de la République se trouvent les drapeaux des deux régiments: le 46ème (sur lequel sont brodés les noms des victoires suivantes Zurich 1799, Austerlitz 1805, La Moskova 1812, Sébastopol 1855) et son régiment de réserve, le 246ème RI.
Le 46ème régiment d’infanterie est un des régiments de la 10ème division d’infanterie dans laquelle se trouvent deux autres régiments seine-et-marnais, le 31ème RI de Melun et le 76ème RI de Coulommiers.

Le journal des marches et opérations (JMO) du régiment rédigé à partir du jour de la mobilisation commence ainsi : « le 46e Régt. d’Infanterie prend part à la campagne de 1914 contre l’Allemagne formant avec le 89ème d’inf. la 19ème Brigade, 10ème Division, 5ème Corps, 3ème Armée (général Ruffey). »

Le journal de marche indique les effectifs du régiment à la mobilisation : à sa tête 50 officiers dont 38 d’active et 12 de réserve et 3322 hommes de troupe (1017 au 1er bataillon, 1006 au 2ème, 1022 au 3ème et 277 dans la compagnie hors-rang) Chaque bataillon est divisé en 4 compagnies dont les effectifs oscillent entre 245 et 269 hommes. Le régiment est commandé par le colonel Maleterre secondé par le lieutenant-colonel Miégeville.

Aux premiers jours d'août 1914 le 46ème régiment d’infanterie quitte Fontainebleau pour le front. Après une messe célébrée à 5 h du matin le régiment est passé en revue par le colonel Maleterre qui rappelle à ses soldats les objectifs de la guerre : « Vous rapporterez l’Alsace et la Lorraine à la pointe de vos baïonnettes. Je lis la victoire dans vos yeux comme vous la lisez dans les miens. » L’Abeille de Fontainebleau décrit le départ du régiment, la plupart des soldats ont une fleur au fusil...


ARTICLE EN COURS DE REDACTION





30 janvier 2010

Les affiches de la Guerre civile espagnole (1936-1939)

Du 18 au 29 janvier 2010 le lycée Uruguay-France a présenté une exposition consacrée aux affiches de la guerre civile espagnole (1936-1939).



La vingtaine d’affiches qui a été exposée provient de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC) et du Musée de l’histoire contemporaine.

Conflit majeur et pourtant méconnu, la guerre d’Espagne est à la fois une terrible guerre civile et un affrontement international. Guerre civile qui a vu s’affronter pendant près de trois années les forces insurrectionnelles des nationalistes conduits par le général Franco et les armées républicaines défendant les valeurs et les acquis du Frente popular. Affrontement international qui est en quelque sorte un prélude à la Seconde guerre mondiale : l'Italie fasciste et l'Allemagne nazie envoient des soldats, des chars et des avions pour aider les nationalistes ; de l'autre côté, l'URSS fournit aux Républicains des cadres, du matériel et de l'argent et les volontaires des Brigades internationales, venus, entre autres, de France, de Grande-Bretagne, des Etats-Unis, donnent leur vie pour défendre la liberté et combattre le fascisme.



La guerre civile a fait plus de 400 000 morts. Plus de 500 000 Républicains sont mis en prison par le régime franquiste qui a exercé sa poigne sur l’Espagne jusqu’en 1975, 400 000 dont une majorité de femmes et d'enfants, se sont réfugiés en France, où ils ont parfois été enfermés dans des camps. Ce sont désormais leurs descendants qui portent la mémoire de cette tragédie.

Toutes les affiches proviennent du camp républicain. Elles permettent malgré tout de dresser un tableau complet de la guerre et d’aborder toutes les problématiques du conflit.

Le programme social du Frente Popular, et au-delà de la République, est évoqué par des affiches qui montrent des enfants à l’école, des actions en faveur des femmes maltraitées, des paysans enfin libres, des ouvriers fiers de leur travail.



La caricature permet de désigner les composantes des forces nationalistes : l’Eglise, l’armée, la bourgeoisie embarquées avec des mercenaires marocains dans la Junta de Burgos vont pendre l’Espagne à une potence.



La mort est omniprésente. L’Eglise catholique sème la mort sur l’Espagne, alors qu’un travailleur catalan est crucifié sur une croix gammée. Le danger fasciste apparait aussi sous la forme des avions allemands qui bombardent Madrid et qui enfouissent les enfants sous les ruines. Les flammes, le sang, la douleur sont partout.



Les affiches exaltent aussi le courage des combattants. Le talent des affichistes, comme ceux du Syndicats des dessinateurs catalans, permet de souligner la jeunesse et la beauté de ces hommes et de ces femmes qui se battent pour la République espagnole et pour la liberté du monde.

La division politique des forces républicaine apparait clairement. Les commanditaires des affiches sont socialistes, communistes, ou anarchistes, membres de partis ou militants syndicaux. Elles sont rédigées en espagnol ou en catalan.

Des affiches rédigées en français sont des appels, non pas au secours, mais à la solidarité. La république espagnole combat le fascisme pour vous, mais attention, en cas de défaite le soldat allemand franchira les Pyrénées un couteau entre les dents…



Au delà de l'histoire, la visite de l'exposition a permis de questionner les élèves sur les notions de propagande, de communication politique, et surtout d'engagement. Le refus de la guerre, l'idée que les malheurs n'arrivent qu'aux autres, n'ont-ils pas favorisé la montée en puissance du fascisme et du nazisme en Europe dans les années 1930? Le pacifisme une des causes de la guerre, c'est sur cette question a priori paradoxale que les visites se sont achevées.

L’exposition a rencontré son public, 12 classes du Lycée Uruguay-France conduites par leur professeur d'espagnol ou d'histoire-géographie l’ont visitée ainsi qu’une classe du Collège de la Vallée d’Avon, et une autre du Lycée François Couperin de Fontainebleau.


L'exposition a été organisée par Mme Marchal-Estrada (professeur d'espagnol), Mme Ibarra (professeur documentaliste) et M. Plancke (professeur d'histoire-géographie).

26 janvier 2010

Les Archives nationales à Fontainebleau

Les Archives nationales sont installées à Fontainebleau depuis 1969.


Le gouvernement de l'époque souhaitait construire une "Cité interministérielle des archives". Le terrain et des bâtiments sont rendus disponibles par le départ de l'OTAN. Les constructions militaires s'avérant progressivement inadaptées au traitement et à la conservation des archives, des bâtiments plus modernes ont été construits entre 1978 et 2005.

Le site de Fontainebleau, situé comme son illustre maison mère, "rue des Archives", conserve plus de 200 km linéaires de documents. Chaque année près de 6 km de nouvelles archives sont collectées et traitées. Celles-ci proviennent des organes centraux de l'Etat comme les ministères, les secrétariats d'Etat, les organismes publics dont les compétences s'étendent à l'ensemble du territoire national. Seuls trois ministères (Défense, Affaires étrangères, Finances) ont conservé la gestion de leurs propres archives qui ne sont donc pas versées à Fontainebleau.

Les archives conservées à Fontainebleau sont celles de la Ve République, elles sont donc par nature récentes, et beaucoup ne sont pas encore communicables au public, ce qui n'empêche pas les chercheurs spécialisés en histoire contemporaine de fréquenter assidûment sa salle de lecture.

Un temps menacé de fermeture, le site de Fontainebleau fonctionnera en synergie avec le site historique de Paris et le futur site de Pierrefitte-sur-Seine, pour l'heure en construction et qui devrait ouvrir cette année.

25 janvier 2010

L'école d'application d'artillerie de Fontainebleau (1871-1940)

L'histoire de l'école d'application de l'artillerie à Fontainebleau est étroitement liée aux défaites françaises devant les armées prussiennes puis allemandes.

Installée à Metz par Bonaparte alors Premier consul depuis 1802, l'école a été évacuée le 15 août 1870 sur Paris afin de ne pas être enfermée dans la ville menacée de siège par l'armée prussienne. Après la guerre et l'annexion de l'Alsace et de la Moselle, l'école d'application de l'artillerie et du génie est (re)créée à Fontainebleau le 11 décembre 1871.

En 1912 l'école d'application du génie est créée à Versailles. L'école de Fontainebleau est rebaptisée "école d'application d'artillerie".


Le quartier des Héronnières

 L'école se répartit en de nombreux sites dans la ville, toujours près du château. Le commandement, les bureaux et les salles de cours sont installés dans le bâtiment des "Héronnières"(photo ci-dessus). Les élèves quant à eux sont logés au-dessus des écuries du "carrousel". Un peu plus tard l'école s'agrandit en englobant d'autres dépendances du château : le quartier Henri IV où sont les chambres des sous-lieutenants, et le pavillon des Princes pour les aspirants.
Le pavillon Henri IV, entrée de l'Ecole d'application d'artillerie (carte postale datée de 1903)
Cavaliers émérites, les élèves officiers participent à des événements équestres comme le saut d'obstacle (ci-dessous en 1911), le dressage ou encore le "raid" hippique.


Pour les exercices pratiques, c'est-à-dire le tir au canon, un polygone est créé dans la forêt alors que les sapeurs du génie construisent des éléments de fortification au lieu-dit du "mail Henri IV.
L'instruction très variée ; outre les exercices extérieurs (écoles à feux, batteries attelées, services en campagne, équitation, etc.) le programme comprend : histoire et géographie militaires, cours de mécanique, étude de la manoeuvre des machines, cours d'hippologie, cours de dessin, coupes géologiques de terrain, étude de l'aéronautique, applications de l'électricité, leçons facultatives de bicyclette, conférences sur le "rôle social de l'officier"; en 1913, cours sur les automobiles.

Le 8 mai 1913, le roi d'Espagne Alphonse XIII et le Président de la république française Raymond Poincaré en viste officielle à Fontainebleau viennent assister à l'école d'artillerie à des démonstrations de tir au canon.


La mobilisation et les premiers mois de la guerre en 1914 interrompent les activités de l'école. A partir de 1915, les besoins sont tels que l'instruction reprend à un rythme soutenu jusqu'en 1918.

Entre les deux guerres mondiales l'école reprend son rôle et forme des officiers d'artillerie dont les profils sont différents : élèves officiers d'active issus de l'école polytechnique ou de Saint-Cyr, élèves officiers de réserve, officiers subalternes sortis du rang pendant la Grande guerre et désirant poursuivre une carrière militaire...

Les installations de l'école s'agrandissent, en particulier celles concernant le centre d'instruction automobile et le cours d'équitation (on comptait près de 700 chevaux en 1939).

En juin 1940, afin d'éviter sa capture par les soldats allemands, l'école doit à nouveau se replier. Elle est recréée en août 1940 à Nîmes, en zone non occupée, autour d'un petit noyau d'officiers venus de Fontainebleau. L'invasion de la zone libre par l'armée allemande en novembre 1942 oblige encore une fois l'école à quitter les lieux. A partir de 1943, les aspirants artilleurs sont formés à Cherchell en Algérie.

La France libérée, l'école ne retourne pas à Fontainebleau. En 1945, elle est recréée à Idar Oberstein en Allemagne. Fin 1952, l'école d'application de l'artillerie prend ses quartiers à Châlons-sur-Marne. Elle y séjourne jusqu'en 1976, année où elle s'installe à Draguignan. Le 1er août 2009, l' école d'application d'artillerie (EAA) devient l'école d'artillerie (EA).

La citation à l'ordre de l'armée (croix de guerre avec palme) décernée à l'école d'application de l'artillerie de Fontainebleau témoigne du rôle prestigieux qui fut le sien de 1871 à 1940 et de la valeur des cadres sortis de son sein :
"Après avoir, aux jours tragiques de juin 1940, dû abandonner son cadre traditionnel de Fontainebleau, a affirmé sa volonté de combattre jusqu'au bout en envoyant une poignée de ses jeunes artilleurs se battre avec héroïsme pour la défense des ponts de la Loire, à côté de leurs camarades de Saumur et de Saint-Maixent. Sur tous les champs de bataille de France, d'A.F.N., d'Italie et d'Allemagne, aussi bien qu'aux marches lointaines de l'union française, dans les rangs de la résistance ou dans les camps de déportation, les cadres qu'elle avait formés se sont magnifiquement comportés, prouvant par le sacrifice de plus de neuf cent officiers d'artillerie dont treize généraux, que leur école d'application restait digne de son long passé de gloire, valeur et abnégation. A ainsi pris une part importante dans la victoire."