La France a fait le choix de suspendre le service national mais n'a pas voulu priver ses jeunes de connaissances sur les principes et les réalités de la défense de la France, des Français et des valeurs de la République. Le parcours de la citoyenneté, qui a remplacé l'appel sous les drapeaux, comprend le recensement de tous les jeunes de 16 ans, l'enseignement de la défense (à l'école, au collège et au lycée) et la journée défense et citoyenneté (JDC). Ce blog est consacré à l'enseignement de la défense au Lycée Uruguay-France, à l'histoire militaire de la région d'Avon et de Fontainebleau, au devoir de mémoire, aux relations entre les armées et la nation, et aux métiers proposés par les acteurs de la sécurité et de la défense.

20 juin 2018

Des élèves d'Uruguay s'envolent et planent.

Cinq élèves du lycée Uruguay-France, accompagnés par Monsieur KIROUBAS, ont été accueillis par Monsieur ROQUILLON, président du club Planeur de Episy afin d'effectuer un vol en planeur. Un tel vol fait partie de la formation au Brevet d'initiation aéronautique (BIA).
Les vols en planeurs se sont bien passés. Les deux instructeurs pilotes planeurs sont d'anciens élèves du lycée Uruguay-France. 
Les 5 élèves se sont vu remettre un diplôme de vol par le sergent-chef MOUANDA du CIRFA de la Rochette, l'Armée de l'Air étant partenaire de cette opération.
Les parents, comme les élèves étaient ravis.
Une courte vidéo est en cours de réalisation qui pourra être présentée au lycée pour faire connaître le BIA, ses avantages pour l'orientation professionnelle, les partenariats possibles avec les structures aéronautiques.



11 mai 2018

La participation du lycée Uruguay-France à la commémoration du 8 mai 2018

Le lycée Uruguay-France participe toujours activement aux cérémonies commémoratives avonnaises. 
Cette année 21 élèves, accompagnés par leur professeur d'histoire-géographie, Madame Agnès MICHEL-SKORUPKA ont par leurs lectures ou par leur présence, rendu hommages aux femmes et aux hommes qui sont morts pour la France entre 1939 et 1945.
Monsieur le Proviseur, Pascal COSTES, a déposé une gerbe au pied du monument des victimes civiles de la guerre au nom du lycée.

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Deux poèmes ont été lus. Guélowar de Senghor et  Lève-toi et marche... d'Edith Thomas.


Originaire du Sénégal, Léopold Sédar Senghor fait des études littéraires à Paris. Versé en 1939 dans un régiment de Tirailleurs sénégalais, il est fait prisonnier le 20 juin 1940 et enfermé dans le camp d'Amiens. C'est là qu'il compose en septembre ce poème inspiré par l'Appel du 18 juin.

Guélowâr !
Nous t'avons écouté, nous t'avons entendu avec les oreilles de notre cœur.
Lumineuse, ta voix a éclaté dans la nuit de notre prison
Comme celle du Seigneur de la brousse, et quel frisson a parcouru l'onde de notre échine courbe !
Nous sommes des petits d'oiseaux tombés du nid, des corps privés d'espoir et qui se fanent
Des fauves aux griffes rognées, des soldats désarmés, des hommes nus.
Et nous voilà tout gourds et gauches comme des aveugles sans mains.
Les plus purs d'entre nous sont morts : ils n'ont pu avaler le pain de honte.
Et nous voilà pris dans les rets, livrés à la barbarie des civilisés
Exterminés comme des phacochères. Gloire aux tanks et gloire aux avions !
Nous avons cherché un appui, qui croulait comme le sable des dunes
Des chefs, et ils étaient absents, des compagnons, ils ne nous reconnaissaient plus
Et nous ne reconnaissions plus la France.
Dans la nuit nous avons crié notre détresse. Pas une voix n'a répondu.
Les princes de l'Église se sont tus, les hommes d'État ont clamé la magnanimité des hyènes
« Il s'agit bien du nègre ! il s'agit bien de l'homme ! non ! quand il s'agit de l'Europe. »
Guélowâr !
Ta voix nous dit l'honneur l'espoir et le combat, et ses ailes s'agitent dans notre poitrine
Ta voix nous dit la République, que nous dresserons la Cité dans le jour bleu
Dans l'égalité des peuples fraternels. Et nous nous répondons : « Présents, ô Guélowâr ! » 


Édith Thomas, avec ce poème écrit en juillet 1943, appelle à la Résistance. C'est une des figures actives de la Résistance, une membre active du Comité national des écrivains, des Lettres françaises.

Lève-toi et marche...

Peuple mort, peuple muet,
peuple muré, peuple affamé,
avec un gros poids de pierre sur la tête
et sur le cœur ;
Peuple du métro de tous les jours,
avec ses chaussures de bois,
et son livre qu'il lit, comme on s'évade
par une fenêtre ouverte, un jour de printemps.

Peuple français, peuple roumain,
peuple bulgare, peuple grec,
peuple serbe, et toi, peuple allemand,
quand le temps sera-t-il venu ?

La liberté n'a-t-elle plus de nom
elle qui chaque matin était plus belle,
comme une femme qu'on aime
est plus jeune chaque matin.

La liberté qui faisait crouler les châteaux
et qui faisait lever les faux,
et battre les fausses justices,
la liberté n'a-t-elle plus de nom pour toi, ce matin ?

Peuple sous le tas de pierre du silence.
Peuple aux lèvres serrées,
peuple aux membres brisés,
au corps pantelant sous les bottes
qui s'éloignent sur le trottoir,
le miracle ne viendra que de vous
et personne d'autre que vous ne dira
comme à Lazare en son tombeau :
" Lève-toi et marche... "

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Les élèves d'Uruguay-France ont aussi participé au fleurissement des tombes des soldats avonnais "morts pour la France".
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4 mai 2018

L'armée de l'Air recrute

L’armée de l’air poursuit son recrutement d’élèves officiers du personnel navigant en 2018. Il est ouvert à tous les candidats détenteurs du baccalauréat. Les limites d’âges sont fixées à 17 ans minimum et 24 ans maximum à la date du dépôt de candidature.

Pour ceux qui seraient intéressés, les Rendez-vous se prennent au CIRFA armée de l’air à La Rochette.

Pour toutes informations complémentaires,veuillez contacter :

Sergent-Chef MOUANDA Jean-Pierre
Conseiller du Bureau Air CIRFA de Seine-et-Marne
Rue Gaston Monnerville 77100 MEAUX
Rue Claude Bernard 77000 LA ROCHETTE
01.64.36.48.66---01.60.65.89.58

10 avril 2018

Hommage national au colonel Beltrame

Le mercredi 28 mars 2018  à 11h40 un hommage a été rendu par l'ensemble des élèves de toutes les classes du lycée Uruguay-France. Cet hommage, rendu au même moment dans tous les établissements scolaires du pays, était extrêmement digne. Les élèves ont respecté une minute de silence avant de s'exprimer sur les événements qui ont conduit un homme à donner sa vie pour sauver des innocents menacés par la folie meurtrière d'un terroriste. Le débat que j'ai animé avec les élèves de terminale L s'est achevé sur des réflexions très intéressantes que l'on peut résumer ainsi : le colonel Arnaud Beltrame n'est pas une victime du terrorisme djihadiste mais un héros de la nation.


Madame, Monsieur,
Le vendredi 23 mars, quatre de nos compatriotes ont perdu la vie au cours d’une attaque terroriste à Carcassonne et à Trèbes. Le Président de la République a décidé qu’un hommage national sera rendu au colonel Arnaud Beltrame le mercredi 28 mars à 11h30. A cette occasion, les drapeaux seront mis en berne sur les bâtiments et les édifices publics.
Dans les écoles et les établissements scolaires, il est important que ce moment de recueillement, dont la forme doit prendre en compte l’âge des élèves, puisse être accompagné d’un temps d’explication et d’échange.
L’acte héroïque du colonel Arnaud Beltrame, qui a donné sa vie pour en sauver d’autres, vient rappeler notre appartenance à un ensemble qui nous dépasse : la Nation. Cela nous invite à réfléchir aux notions de courage, de dépassement de soi et de citoyenneté au XXIe siècle. Ce moment d’hommage sera également l’occasion de rappeler le rôle des forces de sécurité au service des Français. Ainsi, les élèves pourront prendre conscience que la République se nourrit et grandit par l’engagement de chacun.
Pour vous accompagner dans l’organisation de ce moment, et notamment définir les modalités les plus appropriées pour en expliquer le sens, vous pouvez vous appuyer sur un ensemble de ressources proposées par la direction générale de l’enseignement scolaire http://eduscol.education.fr/cid128416/savoir-accueillir-la-parole-des-eleves-apres-un-attentat.html
L’école a pour mission de transmettre des savoirs et des valeurs. A un moment où des forces obscurantistes cherchent à atteindre les fondements démocratiques de notre société, la mission des professeurs et des personnels de l’éducation nationale est plus que jamais d’éduquer pour faire triompher la tolérance et le respect d’autrui.
Je sais pouvoir compter sur votre engagement. 

Jean-Michel Blanquer
Ministre de l’Education nationale

21 novembre 2017

Le lycée Uruguay-France a participé à la cérémonie du 11 novembre 2017

Comme tous les ans, une délégation d'élèves du lycée Uruguay-France a participé à la cérémonie du 11 novembre. Accompagné par Madame Agnès Michel-Skorupka, leur professeure d'histoire-géographie, ils ont lu des textes évoquant l'année 1917 et en particulier l'effrayante bataille du Chemin des Dames.
Lors de chaque cérémonie le chef d'établissement, ou un de ses adjoints, dépose une gerbe de fleurs au pied du monument aux morts. C'est Monsieur Pascal Costes, le proviseur, qui a effectué ce geste émouvant au nom du lycée.

Lettre de Paul Clerfeuille, 16 avril 1917
« Nous partons vers 8 heures du soir par une nuit obscure ; l’ennemi ralentit son bombardement ; nous marchons en tous sens pendant quatre heures dures et pénibles, nous gravissons des ravins, redescendons, heurtons à chaque pas des morts. Il y a bien quelques Allemands, mais très peu.
Enfin, vers minuit, nous arrivons à l’endroit qui nous est désigné et que nous cherchons dans le chaos, les trous d’obus, les morts, les ténèbres, les engins de mort, la faim, la soif, l’inquiétude et la fièvre. Nous remplaçons un bataillon qui n’a presque plus personne, mon escouade va remplacer une escouade de grenadiers qui tous furent tués par un obus allemand. Ils étaient blottis dans l’entrée d’un gourbi allemand. L’obus tomba malheureusement dans le groupe. Pas un seul n’échappa à la mort. Quelques-uns agonisèrent lamentablement, sans que, dans cet enfer, il fût possible de les secourir. Le jour arrive, mardi 17 avril, nous sommes gelés et une eau glaciale a succédé à la neige. 18 avril, c’est l’enfer et je ne puis exprimer les horreurs, les souffrances que nous avons endurées dans ce coin de terre de France ! Il faut y être passé pour comprendre. »

Pierre Teilhard de Chardin, Aux armées avec les tirailleurs, 1917
« Je suis monté, au crépuscule, sur la colline d'où l'on découvre le secteur que nous venons de quitter, et où nous remonterons sans doute bientôt. Devant moi, au-delà des prairies voilées de brume naissante, où les coudes de l'Aisne font des taches laiteuses, la crête dénudée du Chemin des Dames se détache, nette comme une lame, sur le couchant doré. De loin en loin, une torpille fait jaillir un tourbillon de fumée silencieuse. Ce soir, plus que jamais, dans ce cadre merveilleusement calme et excitant où, à l'abri des violentes émotions et de la tension excessive des tranchées, je sens se raviver, dans leur milieu natif, les impressions déposées en moi par trois années de guerre, le front m'ensorcelle. Et j'interroge ardemment la ligne sacrée des levées de terre et des éclatements, la ligne des fusées qui commencent à monter. Quelles sont donc, enfin, les propriétés de cette ligne fascinante et mortelle ? »  


Lettre d’un soldat du 128e régiment d’infanterie
« 24 mai 1917. Voici les faits. La journée s’était passée dans le plus grand calme, il y avait eu même moins d’abus sur le pinard que les jours précédents. Mais après un petit incident à la 11e Compagnie (assaut de boxe du lieutenant avec un poilu) juste au moment de la soupe, il fut décidé que personne ne monterait. Les officiers ayant eu vent de cette rumeur passèrent dans leurs compagnies à la soupe afin de sonder les poilus et les exhorter au calme et à monter quand même. Rien à faire : tout était décidé ; à 17 heures, heure du rassemblement, tous sortirent dans la rue en veste et calot, et entonnèrent l’Internationale. Les fusils-mitrailleurs étaient braqués, prêts à tirer si une compagnie avait le malheur de monter. Commandant, colonel et général de Corps vinrent supplier les hommes. Ce dernier fut hué au cri de « À mort !».
Vous voyez d’ici le tableau. »

Louis Aragon, « Plus belle que les larmes », Les yeux d’Elsa
 « Créneaux de la mémoire ici nous accoudâmes
Nos désirs de vingt ans au ciel en porte à faux
Ce n'était pas l'amour mais le Chemin des Dame
Voyageur souviens-toi du Moulin de Laffaux. »