La France a fait le choix de suspendre le service national mais n'a pas voulu priver ses jeunes de connaissances sur les principes et les réalités de la défense de la France, des Français et des valeurs de la République. Le parcours de la citoyenneté, qui a remplacé l'appel sous les drapeaux, comprend le recensement de tous les jeunes de 16 ans, l'enseignement de la défense (à l'école, au collège et au lycée) et la journée défense et citoyenneté (JDC). Ce blog est consacré à l'enseignement de la défense au Lycée Uruguay-France, à l'histoire militaire de la région d'Avon et de Fontainebleau, au devoir de mémoire, aux relations entre les armées et la nation, et aux métiers proposés par les acteurs de la sécurité et de la défense.

17 octobre 2011

22 octobre 1941, la dernière lettre de Guy Môquet


Châteaubriant, le 22 octobre 1941
Ma petite maman chérie,
Mon tout petit frère adoré,
Mon petit papa aimé,

Je vais mourir ! Ce que je vous demande, à toi en particulier petite maman, c’est d’être très courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j’aurais voulu vivre, mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et René (1). Quant à mon véritable (2), je ne peux le faire, hélas !j’espère que toutes mes affaires te seront renvoyées, elles pourront servir à Serge qui, je l’escompte, sera fier de les porter un jour.
À toi, petit papa, si je t’ai fait ainsi qu’à ma petite maman bien des peines, je te salue pour la dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j’aime beaucoup, qu’il étudie, qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demie (sic), ma vie a été courte, je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels (3). Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux pas en mettre davantage, je vous quitte tous, toutes, toi maman, Séserge, papa, en vous embrassant de tout mon coeur d’enfant. Courage !

Votre Guy qui vous aime.

Guy.


(1) Jean Mercier, Roger Semat, Rino Scolari.
(2) Serge, le frère de Guy Môquet.
(3) Jean-Pierre Timbaud, ami de Guy Môquet [...], et Charles Michels, trente-huit ans, député communiste de Paris, fusillés à La Sablière le 22 octobre 1941.


Guy Môquet
(22 avril 1924 – 22 octobre 1941)
Guy Môquet est avant la guerre élève au lycée Carnot à Paris. Il aime écrire des poèmes et faire du sport. Marchant dans les pas de son père il milite aux Jeunesses communistes. Son père, Prosper Môquet, cheminot et militant syndical est député communiste du 17ème arrondissement de Paris, il a été élu en 1936 avec le Front populaire.
Hommage rendu à Guy Môquet au lycée Carnot le 27 octobre 1944
(images ina.fr)

Le PCF ayant refusé de condamner l’invasion de la Pologne par les troupes allemandes en septembre 1939, de nombreux militants, dont le père de Guy, sont arrêtés sous l’accusation de « démoralisation de l’armée ». Après la défaite française de mai-juin 1940, l’occupant allemand et le régime du Maréchal Pétain les maintiennent en détention. Près de deux cents d’entre eux sont ainsi internés dans le camp de Choisel, près de Châteaubriant, sous-préfecture située entre Nantes et Rennes.

Après l’incarcération de son père en Algérie, Guy doit quitter le lycée. Avec des camarades des Jeunesses communistes réorganisées clandestinement, il participe à la rédaction et à la distribution de tracts. Ce poème retrouvé sur lui témoigne des idées d’un militant communiste de l’époque :

« Parmi ceux qui sont en prison
Se trouvent nos 3 camarades
Berselli, Planquette et Simon
Qui vont passer des jours maussades
Vous êtes tous trois enfermés
Mais patience, prenez courage
Vous serez bientôt libérés
Par tous vos frères d’esclavage
Les traîtres de notre pays
Ces agents du capitalisme
Nous les chasserons hors d’ici
Pour instaurer le socialisme
Main dans la main Révolution
Pour que vainque le communisme
Pour vous sortir de la prison
Pour tuer le capitalisme
Ils se sont sacrifiés pour nous
Par leur action libératrice.»

Il est arrêté sur dénonciation le 13 octobre 1940 à la Gare de l’Est. Passé à tabac il refuse de livrer les noms de ses amis. Emprisonné d’abord à Fresnes, il est ensuite interné au camp de Choisel le 16 mai 1941.

Un groupe d'internés du camp de Choisel. Guy Môquet est au dernier rang, le 5ème à partir de la droite (n° 5).
Dans le camp les détenus ne sont pas contraints au travail, la vie y est supportable. Guy Môquet est le boute-en-train de la baraque 10, celle des jeunes. Lui qui, à Paris, aimait danser et courtiser les filles s’intéresse à des militantes de l’Union des jeunes filles de France arrêtées comme lui pour avoir distribué des tracts hostiles au régime de Vichy. A travers les clôtures de fil de fer barbelés, il s’éprend de l’une d’entre elle, Odette Leclan.

En juin 1941, après le début de l’invasion de l’URSS par les troupes allemandes le PCF entre en résistance contre les nazis, prônant la lutte armée, y compris l’assassinat de soldats, surtout des officiers. C’est ainsi que le 20 octobre 1941, à Nantes, après avoir fait dérailler un train de soldats allemands, deux membres des Jeunesses communistes abattent le lieutenant-colonel Hotz, croisé par hasard près de la cathédrale.

Obsèques du lieutenant-colonel Hotz le 30 octobre 1941
(images ina.fr)

Le 21 octobre 1941, le général Von Stülpnagel, commandant des troupes d’occupation en France, annonce par voie d'affiche : « En expiation de ce crime, j'ai ordonné préalablement de faire fusiller cinquante otages [...] cinquante autres otages seront fusillés au cas où les coupables ne sont pas arrêtés […]. J'offre une récompense [...] de quinze millions de francs aux habitants du pays qui contribueraient à la découverte du coupable ».

En liaison avec les autorités militaires allemandes Pierre Pucheu, le ministre de l’Intérieur du maréchal Pétain, sélectionne des otages communistes « pour éviter de laisser fusiller cinquante bons Français » : 18 détenus à Nantes, 27 à Châteaubriant et 5 Nantais emprisonnés à Paris. Parmi les 27 de Châteaubriant se trouvent des personnalités politiques comme Charles Michels, député de Paris, des responsables syndicaux, mais aussi un médecin, un professeur de lettres d’origine vietnamienne, des instituteurs, un étudiant arrêté lors de la manifestation patriotique du 11 novembre 1940, et des membres des Jeunesses communistes arrêtés pour avoir distribué des tracts, dont Guy Môquet.

Les 27 otages désignés sont transférés dans la baraque 6, où ils disposent d’une heure pour écrire une dernière lettre, puis montent dans des camions en chantant L’Internationale et La Marseillaise qui est reprise en chœur par l’ensemble des détenus restés dans le camp. Juste avant de monter dans le camion, Guy écrit un billet qu’un gendarme remet à Odette : « Ma petite Odette. Je vais mourir avec mes 26 camarades. Nous sommes courageux. Ce que je regrette est de n’avoir pas eu ce que tu m’as promis . Mille grosses caresses de ton camarade qui t’aime. Guy. » A 2 kilomètres de Choisel, dans une carrière de sable, 90 soldats allemands font face à 9 poteaux, plantés tous les 5 m. L’exécution se déroule en trois salves. Tous les condamnés refusent d’avoir les mains liées et les yeux bandés et meurent en criant « Vive le parti communiste ! » et « Vive la France ! » Guy Môquet, le plus jeune des fusillés, s’évanouit. Il est donc attaché inanimé à son poteau d’exécution et fusillé lors de la deuxième salve.

L’émoi en France est considérable. L’opinion qui a d’abord condamné les attentats anti-allemands se retourne contre l’occupant. Churchill et Roosevelt s’élèvent contre ce procédé « qui révolte le monde ». Le 25 octobre, à Londres, le général de Gaulle déclare à la radio : « En fusillant nos martyrs, l'ennemi a cru qu'il allait faire peur à la France. La France va lui montrer qu'elle n'a pas peur de lui [...]. »

Guy Môquet n’est pas le seul jeune à avoir fait le choix de la résistance au prix de sa vie. Ainsi Jacques Baudry, Jean-Marie Arthus, Pierre Benoît, Pierre Grelot et Lucien Legros, élèves au lycée Buffon à Paris meurent fusillés le 8 février 1943 pour faits de résistance accomplis depuis l’âge de 15 ans. Gilbert Dru, étudiant en lettres et résistant est assassiné par la Gestapo le 27 juillet 1944. Les jeunes allemands Hans Scholl (25 ans), sa soeur Sophie (22 ans) et Christoph Probst (24 ans), membres du groupe de résistance La Rose Blanche, sont décapités à Munich pour avoir distribué des tracts pacifistes et antinazis.

« Les camarades qui restez soyez dignes de nous qui allons mourir. » Ce sont les derniers mots gravés par Guy Môquet sur une planche de la baraque 6.

Pour en savoir plus :
Site de l’Amicale Châteaubriant-Voves-Rouillé : http://www.amicale-chateaubriant.fr/
P. –L. Basse, Guy Môquet, une enfance fusillée, Stock, 2000.
G. Krivopissko, F. Marcot, La vie à en mourir. Lettres de fusillés, 1941 – 1945, Point, 2006.
Jean-Pierre Azéma, "Guy Môquet, Sarkozy et le roman national", l’Histoire n° 323, septembre 2007.

2 septembre 2011

Concours National de la Résistance et de la Déportation 2012

Le thème 2011-2012 du Concours national de la Résistance et de la Déportation est :

"Résister dans les camps nazis"

On présentera les différentes formes qu'a pu prendre cette résistance et les valeurs qu'en transmettent les déportés par leurs témoignages.

Le concours national de la Résistance et de la déportation (CNRD) a été créé officiellement en 1961 par Lucien Paye, ministre de l'Éducation nationale, à la suite d'initiatives d'associations et particulièrement de la Confédération nationale des combattants volontaires de la Résistance (CNCVR). Ce concours a pour objectif de perpétuer chez les jeunes Français la mémoire de la Résistance et de la déportation afin de leur permettre de s'en inspirer et d'en tirer des leçons civiques dans leur vie d'aujourd'hui.

Les lycéens peuvent concourir dans trois catégories:
  • Première catégorie : classes de tous les lycées - réalisation d'un devoir individuel en classe, portant sur le sujet académique - durée 3 heures.
  • Deuxième catégorie : classes de tous les lycées - réalisation d'un travail collectif qui peut être un mémoire, associé ou non à d'autres supports, portant sur le thème annuel.
  • Troisième catégorie : classes de tous les lycées - réalisation d'un travail collectif, exclusivement audiovisuel (film, documentaire sonore), portant sur le thème annuel.
Pour les travaux collectifs, le jury national ne retiendra que des productions réalisées par deux élèves au minimum.

La date des épreuves du concours national de la Résistance et de la déportation pour l'année scolaire 2011-2012 a été fixée au vendredi 23 mars 2012, pour les devoirs individuels. Les travaux collectifs seront envoyés avant le vendredi 30 mars 2012.

Il existe deux niveaux à ce concours. Un jury départemental récompense les meilleurs travaux de Seine-et-Marne. Tous les premiers prix sont ensuite envoyés à Paris où ils concourent pour les prix nationaux.

Les élèves du lycée Uruguay-France intéressés par ce concours doivent contacter leur professeur d'histoire-géographie. Les inscriptions se font fin octobre 2011.

Pour plus d'informations, cliquez ICI.

Le palmarès du Lycée Uruguay-France se trouve ICI.

31 mai 2011

Le correspondant défense d'Avon

"Le ministère de la défense a souhaité la mise en place d’un réseau local composé d’un élu désigné par chaque conseil municipal comme correspondant défense.
Raoul VANDENHERREWEGHE, maire adjoint chargé des relations avec les administrés, est devenu l’interlocuteur privilégié des armées. Le correspondant défense constitue au sein de la ville un relais d’information sur les questions de défense auprès du conseil municipal et des Avonnais. En ce sens, il a pour objectif de sensibiliser les élus et les administrés aux impératifs de la défense et d’apporter des informations relatives au parcours citoyen, au recrutement et aux métiers dans les armées, aux relations avec les institutions militaires."

Elan, magazine municipal, n°68 - mars/avril 2011, page 24.




14 mai 2011

Le service civique

Le Service Civique permet à tous ceux qui le souhaitent de s’engager pour une durée de 6 à 12 mois dans une mission au service de la collectivité. Le Service Civique s’adresse plus particulièrement aux jeunes de 16 à 25 ans.

C’est :
  • Un engagement citoyen reconnu et valorisé ;
  • Une chance de vivre de nouvelles expériences ;
  • L’opportunité de se rendre utile et de faire bouger la société.
Les missions s’articulent autour de neuf grandes thématiques :

  • Culture et loisirs : Par exemple, initier des jeunes aux pratiques culturelles en organisant des visites dans des musées ou lors d'expositions.
  • Développement international et action humanitaire : Par exemple, aider à la scolarisation ou participer à des projets agronomiques.
  • Éducation pour tous : Par exemple, aider à combattre l’illettrisme ou la déscolarisation en accompagnant des jeunes dans des ateliers de lecture ou de loisirs.
  • Environnement : Par exemple, sensibiliser la population au respect de l’environnement, au tri des déchets, aux économies d’énergie.
  • Intervention d’urgence en cas de crise : Par exemple, aider à la reconstruction de sites endommagés par une catastrophe naturelle et accompagner les populations.
  • Mémoire et citoyenneté : Par exemple, participer à de grands chantiers de restauration de sites historiques.
  • Santé : Par exemple, sensibiliser des jeunes aux enjeux de santé en informant les adolescents sur la sexualité ou la contraception, développer les loisirs à l’hôpital.
  • Solidarité : Par exemple, offrir aux personnes âgées ou isolées une aide concrète dans la vie quotidienne.
  • Sports : Par exemple, accompagner dans le cadre de pratiques sportives des personnes n’ayant pas accès au sport, pour des raisons physiques ou sociales : personnes âgées, enfants et adultes handicapés ou fragiles.
Toutes les informations sont sur le site :

8 mai 2011

Cérémonie du 8 mai 2011 à Avon et Fontainebleau


La cérémonie du 8 mai à Avon et Fontainebleau se déroule en trois temps. Chaque commune organise une cérémonie qui lui est propre devant son, ou ses, monuments aux morts, puis les élus des deux municipalités se retrouvent pour achever en commun la commémoration.
La cérémonie s'articule autour de quelques moments forts. Le cortège guidé par les musiciens et les porte-drapeaux se rend devant les monuments qui honorent les Avonnais morts pour la France entre 1939 et 1945.
Le message de l'UFAC (Union française des combattants et victimes de guerre) est lu par deux élèves du collège de la Vallée:
"Nous sommes réunis aujourd’hui pour commémorer le 66e anniversaire du 8 mai 1945, jour où l'Allemagne nazie capitulait sans condition. C'était la victoire des Armées alliées, de la Résistance intérieure et extérieure avec le Général de Gaulle et ceux qui l'ont rejoint, telle l'Armée d'Afrique.
En ce jour anniversaire, nous leur rendons hommage, ainsi qu'aux combattants de la liberté de tous les pays et exprimons notre attachement à l'ensemble de nos Forces armées. La Seconde Guerre mondiale fut, en nombre de victimes, le conflit le plus meurtrier de tous les temps :
- 55 millions de morts,
- 3 millions de disparus,
- 35 millions de blessés,
- des veuves, des orphelins et des prisonniers par millions.
L'horreur des camps de concentration et d'extermination, l’horreur des crimes commis pendant les années d’occupation nazie et fasciste devenaient pour tous une affreuse réalité. Notre mémoire collective garde le souvenir des combattants et des victimes civiles. Elle conserve en particulier le souvenir des otages, des exécutions sommaires, des victimes de l'internement, de la déportation et des génocides.
L'Union Française des Associations de Combattants et de Victimes de Guerre (UFAC) s'emploie à transmettre aux jeunes générations la mémoire des événements passés. Elle les appelle à une vigilance permanente pour la défense des Droits de l'Homme et la préservation de la Paix.
Vive la France ! Vive la République !"
Message de Gérard Longuet, Ministre de la défense et des anciens combattants, lu par M. Jean-Pierre Le Poulain, Maire d'Avon. 
"En ce 8 mai 2011, nous commémorons le 66ème anniversaire de la capitulation sans conditions de l'Allemagne nazie face aux Alliés. Il y a 66 ans, le 8 mai 1945, les armes se taisaient enfin en Europe, mettant un terme à cinq années de cauchemar et de barbarie, cinq années parmi les plus cruelles de l'histoire de l'humanité. 
Encaissant sur son territoire, avec les seuls soutiens de la Grande-Bretagne, de la Belgique et des Pays-Bas, le choc de l'offensive de l'Allemagne nazie, au printemps 1940, la France a payé un lourd tribut. Défaits militairement par les armes du III Reich, les Français ont, durant plus de quatre ans, subi le poids de l'occupation : l'angoisse pour leur million et demi de prisonniers, les privations de toute nature, l'annexion dans le système nazi pour les uns, l'oppression politique, le pillage économique, les persécutions raciales, la répression pour tous. 
Dès le 18 juin 1940, pourtant, en visionnaire autant qu'en homme d'honneur, le Général de Gaulle traçait les conditions d'une victoire qu'il estimait certaine. 
Au courage des étudiants parisiens du 11 novembre 1940 répondait l'engagement des Français libres qui multiplièrent leur présence sur tous les fronts, au fur et à mesure de la mondialisation du conflit : des terres africaines, à Koufra, en Libye, avec l'épopée de la colonne Leclerc au front de l'Est, en Russie, avec le groupe de chasse « Normandie-Niemen ». Du Pacifique à l'Afrique du Nord, sur terre comme sur mer et dans les airs, les combattants de la liberté furent sans cesse plus nombreux. Depuis les déserts d'Afrique jusqu'en Italie et en Provence, des Vosges jusqu'à Berchtesgaden, ils prirent ainsi une part décisive aux combats libérateurs. 
En France même, des hommes et des femmes qui n'acceptaient pas la soumission s'étaient levés, dans l'ombre, pour intégrer la Résistance. Organisés et fédérés par l'ancien préfet Jean Moulin, ils allaient, au péril de leur vie, malgré la traque, la répression et la torture, consacrer leur quotidien à harceler et à combattre l'ennemi. 
Pendant toutes ces années, l'honneur de la France a été porté par une minorité toujours plus nombreuse. Si notre pays avait perdu une bataille, ceux qui ont cru construire sur la défaite, plus qu'une erreur, ont commis une faute contre la patrie. 
Notre pays n'a pas perdu son honneur. Seule nation, avec l'Angleterre à déclarer la guerre à l'Allemagne à la suite de l'agression de la Pologne, quand d'autres se taisaient ou pactisaient, elle a eu le courage d'aller au conflit pour faire valoir ses valeurs, au rendez-vous de sa parole donnée. A l'engagement militaire s'est doublé l'héroïsme des résistants et la générosité des Justes qui ont, par leur bravoure personnelle, et au nom d'une France qu'ils estimaient éternelle, sauvé l'image de notre pays. 
Ce sont ces Français, résistants sur le territoire national ou Français libres engagés hors de nos frontières, qui ont permis à la France d'être présente lors de la reddition allemande à Reims. Ce sont ces Français qui donnent aujourd'hui tout son sens à la commémoration de ce 8 mai 1945, jour de la capitulation définitive de l'Allemagne nazie, au terme de près de cinq années de conflit. 
Ces événements se sont passés il y a 66 ans. Chaque année, nous commémorons ce souvenir. Chaque année, l'émotion est intacte. A tous ceux qui ne se sont jamais résignés, qui n'ont jamais abdiqué, qui espéraient la liberté ; aux hommes qui se sont battus, à ceux qui sont tombés, aux autres qui ont enduré tant d'épreuves, combattu avec tant d'abnégation, nourri tant d'espoir; à toutes celles et ceux grâce auxquels l'humanité a pu de nouveau croire en son destin, nous rendons, aujourd'hui, l'hommage qu'ils méritent."

Puis vient le moment toujours très émouvant de la lecture des noms des soldats, résistants et déportés victimes de la guerre. cette année la lecture a été effectuée par des conseillers municipaux et par deux élèves de première du Lycée Uruguay-France.
Des jeunes, écoliers, collégiens et lycéens déposent ensuite un bouquet de fleurs tricolores sur les tombes des soldats avonnais morts pour la France.
Des couronnes sont alors déposées devant les deux monuments.
Le cortège est ensuite reformé. Derrière les musiciens d'Avon musique et culture les drapeaux des associations patriotiques conduisent les participants à la cérémonie vers la sortie du cimetière.
La cérémonie se poursuit devant l'Hôtel de Ville d'Avon présence de Didier Julia, député, de Roseline Sarkissian, conseillère régionale, de Jean-François Robinet, conseiller général , d'élus de Fontainebleau et de représentant d'autorités civiles et militaires.
Nelly Kopp au nom de l'association patriotique Rhin et Danube lit l'Ordre du jour n° 9 rédigé par le général de Lattre de Tassigny, commandant en chef la 1ère armée française, à Berlin le 9 mai 1945.
"Officiers, Sous-officiers, Caporaux et Soldats de la Première Armée Française.

Le jour de la Victoire est arrivé.
À Berlin, j'ai la fierté de signer au nom de la France, en votre nom, l'acte solennel de la capitulation de l'Allemagne.
Dignes de la confiance de notre Chef Suprême, le Général de Gaulle, libérateur de notre Pays, vous avez, par vos efforts, votre ferveur, votre héroïsme, rendu à la Patrie son rang et sa grandeur.
Fraternellement unis aux soldats de la Résistance, côte à côte avec nos camarades alliés, vous avez taillé en pièces l'ennemi, partout où vous l'avez rencontré.
Vos drapeaux flottent au coeur de l'Allemagne.
Vos victoires marquent les étapes de la Résurrection Française.
De toute mon âme, je vous dis ma gratitude. Vous avez droit à la fierté de vous-mêmes comme à celle de vos exploits.
Gardons pieusement la mémoire de nos morts. Généreux compagnons tombés au Champ d'Honneur, ils ont rejoint dans le sacrifice et la gloire, pour la Rédemption de la France, nos fusillés et nos martyrs.
Célébrons votre victoire : victoire de Mai, victoire radieuse de printemps qui redonne à la France la jeunesse, la force et l'espoir.
Soldats vainqueurs, vos enfants apprendront la nouvelle épopée que vous doit la Patrie.
Berlin, le 9 mai 1945."

La cérémonie s'achève par une messe célébrée dans l'église Saint-Pierre d'Avon.

4 mai 2011

66e anniversaire de la victoire du 8 mai 1945

Cérémonie du 8 mai 1945

Dimanche 8 mai 2011, les villes d’Avon et Fontainebleau s’associent de nouveau pour célébrer la commémoration du 66ème anniversaire de la victoire du 8 mai 1945. De nombreux élus et associations patriotiques seront mobilisés pour l’occasion.